5 minutes entre deux patients : le protocole ACT en 4 gestes pour redevenir disponible

Il est 14 h 55. La porte vient de se refermer sur un patient, le suivant arrive à 15 heures. Vous griffonnez trois mots dans le dossier, vous remplissez votre verre d’eau. Et à l’intérieur, rien ne s’est refermé du tout : une phrase de la séance tourne encore, une émotion s’est invitée chez vous, la fatigue du matin s’empile. Ces cinq minutes entre deux patients, la plupart d’entre nous les traversent en pilote automatique, en se promettant de souffler à la pause déjeuner. Et cette pause-là disparaît.

Vous, les psys, les thérapeutes, les coachs ou les soignants qui me lisez, vous connaissez la suite : on enchaîne, on tient, et on rentre le soir avec ce qui reste d’énergie pour les gens qu’on aime. Longtemps, j’ai cru que c’était le prix du métier.

La recherche raconte autre chose : après une séance qui vous a coûté, votre système nerveux reste activé et ne revient pas à l’équilibre tout seul. Redevenir disponible demande un geste volontaire. Je vous propose ici celui que j’utilise entre deux patients : un protocole en quatre gestes issus de la thérapie ACT, environ 30 secondes chacun, avec la science qui explique pourquoi ils fonctionnent, et une astuce pour l’installer dans vos journées sans compter sur votre motivation.

🎧 Écouter l’épisode

Épisode 07 : Les 5 minutes entre deux patients, le protocole ACT en 4 gestes pour repartir vraiment disponible.

Disponible sur Spotify, Apple Podcasts, Deezer et toutes les plateformes d’écoute.

Le huitième patient de la journée

Il y a quelques années, en fin de journée au cabinet, mon huitième patient venait de s’installer. Quelqu’un que j’appréciais sincèrement, mais dont les séances dérivaient d’anecdote en anecdote malgré mes recadrages. Ce jour-là, en surveillant ma montre du coin de l’œil, deux pensées ont glissé chez moi sans permission : « il me saoule », puis « pourvu que ça se termine ». Et juste derrière, une honte énorme.

Je précise, parce que c’est important : ces pensées ne me traversent ni tous les jours, ni pour tous mes patients. Elles sont arrivées ce jour-là, dans un contexte très particulier.

J’ai dîné avec cette honte, j’ai couché mes enfants avec. Puis, dans le calme du soir, j’ai posé la question que l’ACT m’a apprise : à quoi me servaient ces pensées, au fond ? En dessous du jugement, elles portaient un signal précis sur mon cadre clinique et sur ma fatigue accumulée. J’avais failli jeter une information précieuse parce que j’avais honte de l’avoir reçue.

Dans l’épisode, je raconte cette soirée en entier et je guide chaque geste du protocole à voix haute, avec des exemples supplémentaires que l’écrit ne détaille pas.

Pourquoi ces cinq minutes comptent : la fenêtre de tolérance

Daniel Siegel, c’est un psychiatre américain qui étudie la façon dont le cerveau, le corps et les relations s’influencent. En 1999, il a proposé une image devenue un classique : la fenêtre de tolérance. Imaginez une fenêtre ouverte dans un mur. À l’intérieur, c’est la zone où vous fonctionnez bien : présente, capable de penser, de ressentir et d’écouter quelqu’un sans être submergée. C’est là que vous voulez être quand vous accueillez un patient ou un client.

Une séance lourde peut vous faire sortir de cette fenêtre par le haut : le cœur s’accélère, le corps se tend, les ruminations tournent. Ou par le bas : vous vous sentez vide, déconnectée, presque sidérée. Dans les deux cas, la personne qui patiente en salle d’attente ne vous trouvera qu’à moitié disponible. Ce qui change tout, c’est qu’on peut revenir volontairement dans sa fenêtre, en faisant les bons gestes pour le corps et pour la tête, dans le bon ordre. C’est exactement ce que permet le protocole qui suit.

Neuf situations où ces cinq minutes changent la donne

Avant de détailler les gestes, prenons un instant pour repérer les moments où ils trouvent leur place. En supervision comme en formation, ce sont toujours les mêmes scènes qui reviennent :

  • Vous regardez votre montre, discrètement, pendant qu’un patient parle, en attendant la fin.
  • Vous enchaînez les séances en comptant sur la pause déjeuner, et elle sert à rattraper le retard du matin.
  • Une pensée du type « pourvu qu’il annule » vous a déjà traversée, immédiatement suivie de culpabilité.
  • L’émotion d’un patient vous accompagne pendant toute la séance suivante.
  • Vous rentrez le soir sans énergie pour vos proches, alors que vous aimez profondément votre métier.
  • Votre café entre deux patients se boit debout, la tête déjà dans la liste de courses.
  • Vous déroulez certaines séances en pilote automatique, sans présence réelle.
  • Vous vous reprochez intérieurement vos pensées critiques envers certains patients.
  • La supervision, le sport ou la sieste attendent un moment plus calme, qui ne vient jamais.

Si plusieurs de ces situations vous parlent, ce qui suit relève de l’outil clinique, au même titre que vos techniques d’entretien. C’est aussi, je crois, une forme de respect pour la personne qui attend derrière la porte.

Le protocole ACE de Russ Harris : trois gestes en 90 secondes

Russ Harris, c’est un médecin devenu psychothérapeute, qui exerce en Australie et travaille depuis vingt ans à raccourcir les outils de l’ACT pour qu’ils tiennent entre deux patients, dans une vraie journée de cabinet. Dans Trauma-Focused ACT, paru en 2021, il décrit un exercice qu’il appelle « Lâcher l’ancre ». L’image est parlante : quand la tempête émotionnelle secoue le bateau, l’ancre ne calme pas la tempête ; elle tient le bateau stable pendant qu’elle passe. Si vous découvrez cette approche, mon guide complet pour comprendre la thérapie ACT pose les bases.

L’exercice tient en trois lettres : A, C, E. A comme Acknowledge, reconnaître ce qui se passe en vous. C comme Connect, vous reconnecter à votre corps. E comme Engage, revenir dans le présent par vos cinq sens. Un cycle complet prend environ 90 secondes, et Russ Harris précise que l’exercice s’adapte de dix secondes à trente minutes. Prenons chaque geste tranquillement.

A comme reconnaître ce qui se passe en vous

Fermez la porte derrière votre patient, prenez trente secondes, et nommez ce qui est là, mentalement ou à voix basse : « je remarque des pensées difficiles, là, maintenant », « je remarque de la fatigue dans mes épaules », « je remarque cette émotion qui est restée chez moi ». Vous observez, sans juger.

Et quand une pensée colle vraiment, du type « je n’en peux plus de ce patient », ajoutez quatre mots devant elle : « j’ai la pensée que ». C’est un grand classique de la défusion en ACT. Sur le papier, la différence semble minuscule. Dans votre tête, elle change la nature de la chose : la pensée devient un événement mental que vous regardez, au lieu d’une vérité que vous êtes.

C comme se reconnecter à votre corps

Une fois que c’est nommé, descendez d’un étage. Poussez vos pieds dans le sol, sentez le contact. Étirez doucement vos épaules et votre nuque. Puis prenez deux ou trois respirations en allongeant l’expiration : vous soufflez plus longtemps que vous n’inspirez. Ce détail a l’air anodin ; vous verrez plus bas qu’il porte une bonne partie de l’effet.

E comme revenir au présent par vos cinq sens

Reste à remettre les pieds sur terre. Nommez cinq choses que votre regard rencontre dans la pièce, puis quatre sons, proches ou lointains. Terminez par le toucher et l’odorat : le fauteuil sous vos cuisses, la température de l’air, l’odeur du lieu. Votre attention vient de revenir ici, dans la pièce, et plus dans la séance d’avant. Voilà vos 90 secondes.

Pourquoi des gestes aussi simples fonctionnent

Première raison : l’expiration longue. Stephen Porges, c’est un neurophysiologiste américain qui étudie depuis les années 90 la façon dont notre système nerveux autonome bascule entre deux grands régimes : un accélérateur, taillé pour le combat ou la fuite, et un frein, beaucoup moins célèbre, qui ramène le cœur au calme. Sa théorie polyvagale, publiée en 1995, identifie le levier le plus rapide pour actionner ce frein : souffler plus longtemps qu’on n’inspire. Une commande toute simple, par laquelle votre corps signale à votre cerveau que la situation ne demande plus de combattre.

Seconde raison : les cinq sens. En nommant ce que vous voyez, entendez et touchez, vous donnez à votre système nerveux des preuves concrètes qu’il existe un ici et un maintenant, différent de la séance qui vient de se terminer. Il s’apaise. Et vous redevenez disponible pour la suite.

Et si tout cela vous paraît trop simple pour être sérieux, ces principes ont été testés dans des conditions autrement plus rudes qu’un cabinet. En 2020, une équipe menée par Wietse Tol a publié dans The Lancet Global Health un essai randomisé mené auprès de près de 700 femmes réfugiées du Soudan du Sud, en Ouganda. Le programme évalué, développé par l’Organisation mondiale de la santé, repose sur l’ACT et sur ce type d’ancrage.

Trois mois après, la détresse psychologique de ces femmes avait davantage baissé que celle du groupe recevant l’accompagnement habituel. L’effet est modeste, je préfère vous le dire. Mais il existe, mesuré dans des conditions de vie autrement plus dures que celles d’un cabinet, avec des gestes très proches de ceux que je viens de vous décrire.

Quand l’émotion d’un patient reste logée : digérer

Il y a un cas où les 90 secondes ne suffisent pas : quand l’émotion du patient précédent s’est installée chez vous et ne part pas avec quelques respirations. On connaît surtout deux réflexes. Serrer les dents et passer au suivant, et l’émotion ressort dix minutes plus tard, en désordre, au milieu de la séance d’après. Ou bien évacuer, en pestant seule dans la voiture, et la tension contamine la suite de la journée.

Russell Kolts, c’est un psychologue américain qui a consacré une grande partie de sa carrière à la thérapie centrée sur la compassion, aux côtés de son fondateur Paul Gilbert. Dans son livre paru en 2016, il ouvre une troisième voie, que j’appelle digérer. Vous nommez l’émotion : « je remarque cette tristesse, elle vient du patient précédent ». Vous lui donnez un endroit dans votre corps, la poitrine, la gorge, le ventre. Et vous respirez autour, expiration longue, une main posée sur le sternum.

Vous ne consolez pas l’émotion comme on console un enfant qui pleure. Vous lui faites de la place, comme on fait de la place à quelqu’un qui s’installe dans une salle d’attente. Elle est là, elle va passer. Digérer, c’est la laisser exister le temps qu’elle se tasse, sans la combattre et sans la déverser ailleurs.

Le quatrième geste : le carrefour des décisions

Le dernier geste ne vient pas du corps ; il vient de ce qui compte pour vous. Russ Harris l’appelle le Choice Point, que je traduis par « le carrefour des décisions ». Imaginez un carrefour, juste avant de rouvrir la porte au patient suivant. À gauche, les chemins qui vous éloignent du professionnel que vous voulez être : enchaîner en pilote automatique, sur la lancée de la fatigue. À droite, ceux qui vous en rapprochent, alignés sur vos valeurs cliniques.

Le geste tient en une question, une seule : « là, dans les cinq prochaines minutes, qu’est-ce qui me rapproche de la pro que je veux être pour ce patient suivant ? ». Prenez trente secondes pour y répondre vraiment. Qui est dans la salle d’attente, et qu’est-ce qui compte le plus pour cette personne aujourd’hui ? Puis un pas concret : boire un grand verre d’eau, relire les trois dernières lignes de notes, écrire une intention en deux mots.

Et c’est lui qui transforme la pause en vrai départ : après avoir soufflé, vous rouvrez la porte orientée vers ce qui compte pour vous. Sur les dizaines de transitions d’un mois de cabinet, cette orientation répétée finit par peser sur le cap d’une carrière.

Votre boîte à outils entre deux patients, en un coup d’œil

Quatre gestes, donc : reconnaître, se reconnecter, revenir, puis choisir. Bout à bout, environ deux minutes. Le tableau qui suit vous aide à choisir votre porte d’entrée selon ce qui domine : la tête, le corps, l’émotion ou le sentiment d’être désalignée.

Le gesteDuréeQuand l’utiliserConcrètement
A : reconnaître30 sDes pensées collantes tournent en boucleNommer sans juger, ajouter « j’ai la pensée que » devant la pensée
C : se reconnecter30 sCorps tendu, fatigue physiquePieds dans le sol, épaules étirées, expiration plus longue que l’inspiration
E : revenir30 sLa tête encore dans la séance d’avant5 choses vues, 4 sons, le contact, la température, l’odeur
Digérer (Kolts)1 à 2 minL’émotion d’un patient reste logée en vousNommer l’émotion, la localiser, respirer autour, une main sur le sternum
Le carrefour des décisions30 sAvant de rouvrir la porteUne question sur la pro que vous voulez être, puis un petit pas concret

Côté dosage, entre deux patients : avec cinq minutes, enchaînez deux ou trois cycles ACE avant le carrefour. Avec 90 secondes, un seul cycle. Avec trente secondes, le carrefour tout seul peut suffire. Vous adaptez l’outil à votre journée, jamais l’inverse.

Visuel de Lâchez l’ancre ! - la méthode ACCES

Pour les soirs où les 90 secondes ne suffisent plus

Ces quatre gestes tiennent entre deux patients. Votre journée, elle, ne s’arrête pas au dernier rendez-vous : il y a le dîner où la séance de 16 heures continue de tourner, et la nuit où demain se déroule déjà dans votre tête.

C’est pour ces moments-là que j’ai construit « Lâchez l’ancre ! », la méthode ACCES en version complète : un guide d’environ 34 pages et un audio de 7 minutes où je vous accompagne à voix haute, pour les soirs où il ne reste plus assez d’énergie pour se souvenir d’un protocole. Vous appuyez sur lecture, vous vous laissez guider. 37 €.

Je découvre la méthode ACCES →
https://www.fannyreder.fr/lacher-l-ancre/

Installer le rituel sans compter sur votre motivation

Reste la vraie difficulté, et vous la connaissez : tenir dans la durée. James Clear, dans son livre Atomic Habits paru en 2018, a popularisé l’empilement d’habitudes (habit stacking) : greffer une nouvelle habitude sur un geste déjà automatique, plutôt que de compter sur une motivation qui, dans une journée à huit patients, ne tient pas jusqu’au soir.

Concrètement, vous accrochez le protocole à un geste existant. Vous fermez la porte derrière le patient qui vient de partir : vous lancez un cycle ACE. Vous touchez la poignée avant de rouvrir : vous passez au carrefour des décisions. Au bout de quelques semaines, la question de la discipline disparaît ; c’est simplement votre journée qui se déroule, avec ces micro-routines intégrées dedans.

Et l’effet déborde du cabinet : quand les transitions entre deux patients sont digérées au fil de la journée, on rentre le soir avec quelque chose à offrir aux siens. Si ce chantier-là vous parle, j’ai écrit sur la charge mentale et la présence à vos proches, et sur la façon de retrouver du temps pour vous sans culpabilité.

Ce que je retiens de ces quatre gestes

Si vous ne deviez garder que trois choses de cet article, ce seraient celles-là :

  1. Après une séance chargée, votre système nerveux reste activé : revenir dans votre fenêtre de tolérance demande un geste volontaire, court et documenté.
  2. Le protocole tient en quatre gestes : reconnaître ce qui se passe en vous, vous reconnecter à votre corps par l’expiration longue, revenir au présent par vos cinq sens, puis choisir le petit pas qui compte.
  3. L’installation compte plus que la perfection : greffez ces gestes sur des actions que vous faites déjà, et laissez l’accumulation des transitions faire son travail.

Ce que j’ai envie de vous dire

Si des pensées comme « pourvu que ça se termine » vous ont déjà traversée, vous n’êtes ni une mauvaise clinicienne ni une exception. Ces pensées arrivent sans demander la permission, et la phrase que je garde de cet épisode le dit mieux que tout : vos pensées pénibles en séance ne sont pas des verdicts, ce sont des données. Une information sur l’état de vos ressources, sur votre fatigue du jour, sur un cadre qui mérite peut-être un ajustement.

Le protocole ne les fera pas disparaître, et il ne fonctionnera pas à chaque transition. Et c’est OK : le bénéfice se mesure dans l’accumulation, semaine après semaine. La prochaine fois qu’une pensée honteuse glisse dans votre tête entre deux patients, écoutez ce qu’elle essaie de vous dire. Puis fermez la porte, et lâchez l’ancre.

Prolonger ces réflexions chaque lundi

La newsletter « 3, 2, 1, ACTion ! » vous propose chaque lundi un regard clinique et humain sur votre pratique : une histoire vécue, des outils ACT concrets et deux recommandations. En moins de cinq minutes de lecture.

Je rejoins la newsletter 3, 2, 1, ACTion ! →
https://fannyrederpsy.myflodesk.com/newsletter-c

Vos questions sur les transitions entre deux patients

Que faire entre deux patients quand on n’a que cinq minutes ?

L’essentiel tient en quatre gestes issus de la thérapie ACT : reconnaître ce qui se passe en vous en le nommant, vous reconnecter à votre corps avec une expiration plus longue que l’inspiration, revenir au présent par vos cinq sens, puis choisir une action alignée sur le professionnel que vous voulez être pour le patient suivant. Un cycle complet prend environ deux minutes et s’adapte au temps disponible, de trente secondes à cinq minutes.

Qu’est-ce que le protocole ACE de Russ Harris ?

ACE est l’acronyme de l’exercice « Lâcher l’ancre » décrit par Russ Harris dans Trauma-Focused ACT (2021) : A pour Acknowledge, reconnaître ses pensées et ses émotions ; C pour Connect, se reconnecter à son corps ; E pour Engage, revenir au présent par les cinq sens. L’exercice est modulable de dix secondes à trente minutes et mobilise trois processus centraux de l’ACT : la défusion, le contact avec le moment présent et l’acceptation.

Comment ne pas transporter l’émotion d’un patient dans la séance suivante ?

Quand une émotion reste logée après une séance, la refouler la fait ressortir plus tard et la décharger sur l’entourage contamine la journée. La troisième voie, inspirée de la thérapie centrée sur la compassion de Russell Kolts (2016), consiste à digérer : nommer l’émotion, la localiser dans le corps, puis respirer autour avec une expiration longue, une main posée sur le sternum. On lui fait de la place le temps qu’elle se tasse, sans la combattre.

Est-il normal d’avoir des pensées négatives sur un patient ?

Oui, ces pensées traversent la grande majorité des professionnels de l’accompagnement, surtout en fin de journée chargée. L’ACT invite à les lire comme des données : elles renseignent sur l’état de vos ressources, votre fatigue ou un cadre clinique à ajuster, davantage que sur votre valeur de clinicien. La question utile est celle de la workabilité : à quoi me sert cette pensée, et qu’essaie-t-elle de me signaler ?

Ces exercices d’ancrage entre deux patients sont-ils validés scientifiquement ?

Les principes qui les fondent le sont. La théorie polyvagale de Stephen Porges (1995) documente l’effet apaisant de l’expiration longue sur le système nerveux autonome, et la fenêtre de tolérance de Daniel Siegel (1999) est un cadre clinique largement repris. En 2020, un essai randomisé publié dans The Lancet Global Health par l’équipe de Wietse Tol a testé un programme de l’OMS fondé sur l’ACT auprès de près de 700 femmes réfugiées en Ouganda, avec une baisse réelle, quoique modeste, de la détresse psychologique.

Ressources et références

Les livres cités dans l’épisode

  • HARRIS Russ. Trauma-Focused ACT : A Practitioner’s Guide. Context Press / New Harbinger, 2021.
  • KOLTS Russell L. CFT Made Simple. New Harbinger, 2016.
  • SIEGEL Daniel J. The Developing Mind. Guilford, 1999.
  • SIEGEL Daniel J. Mindsight. Bantam, 2010.
  • CLEAR James. Atomic Habits. Avery, 2018.

Les références scientifiques citées

  • PORGES Stephen W. Orienting in a defensive world : Mammalian modifications of our evolutionary heritage. A polyvagal theory. Psychophysiology, 32, 1995, p. 301-318.
  • TOL Wietse A. et al. Guided self-help to reduce psychological distress in South Sudanese female refugees in Uganda : a cluster randomised trial. The Lancet Global Health, 8, 2020, e254-e263.

Pour aller plus loin sur ce site

Sources externes

Fanny Reder

Psychologue clinicienne en libéral depuis 2011, ancienne maître de conférences (10 ans), spécialisée en ACT (Acceptance and Commitment Therapy) et en prévention des risques psychosociaux. Elle anime Les APÉROS Psycho, le podcast et l’espace de formation dédiés aux professionnels de l’accompagnement francophones. Son objectif : allier rigueur scientifique, pragmatisme et authenticité pour aider les soignants, psys, thérapeutes et coachs à ne pas s’épuiser à force de soutenir les autres.

Toutes ses ressources et formations pour les professionnels de l’accompagnement : fannyreder.fr/pour-les-pros

Publications similaires